ingérence intérieure 2o26 -3 (cf. 2o26 -1 , 2o26 -2)
Des fois . . y a pas le choix . . faut ouvrir les portes à coups de pieds . .
(Jean-Luc Mélenchon – ILB 16-o9-2o26)
« Il faut savoir où l’on va et ne pas avoir peur. La FRANCE a toujours été une invention politique. La FRANCE est une histoire par elle-même, elle s’est auto-inventée. (…) La « Nouvelle France » est faite de ce mélange de populations, notre peuple a tellement changer. La « Nouvelle France » c’est aussi la population française d’origine immigrée. Ça ne se voit pas mais, moi par exemple, je m’appelle Mélenchon, ça fait berrichon . . mais non, c’est un nom andalou. (…) Nous sommes une histoire, nous sommes une invention.
Nous allons nous ré-approprier l’histoire de France et non l’abandonner à nos adversaires conservateurs, toujours accrochés au camp des traîtres, des vaincus, de l’ancien régime, de la collaboration, etc. (…) Nous, nous ré-incarnons l’histoire de la Commune, du progrès social, l’histoire des Lumières, 1789, 1848, la victoire contre les nazis obtenue par la résistance et par ceux qui débarquèrent en Provence le fusil à la main, etc. (…) Qu’on prenne le problème par où l’on veut, nous sommes et voulons rester un seul et unique peuple, et l’Histoire nous l’appelons pour témoigner que c’est possible de la ré-inventer sans cesse. (…)
Saint-Denis est à la fenêtre du temps long de l’Histoire. Ici coule un millénaire de notre Histoire. (…) Dans ce lieu tellurique de l’Histoire de France, s’écrit la Nouvelle Page de cette Farnce insoumise qui accouche d’un « autre état », d’une autre manière d’organiser la société qu’on appelle la VIe République en faisant une Constituante pour la proclamer. (…) Ces rois, qui sont là derrière, eux aussi ils ont inventé la France. (…) Ce qui en reste est une logique dans laquelle, sans cesse, la France devient une Nation, devient un Etat. Elle devient une Nation parce qu’elle devient un Etat qui va la rassembler dans des épreuves communes.
Nous autres français, à la révolution de 1789, la moitié des français ne parlent pas français. Ils parlent breton, ils parlent occitan, ils parlent provençal, ils parlent basque, etc. C’est terrible à dire, c’est la guerre qui a unifié notre langage. C’est l’école de la République, même si elle ne brillait pas toujours par ses qualités pédagogiques pour obliger les gens à parler tous la même langue. (…) Acceptons l’idée que nous sommes « en droit » de réinventer la France. Il n’y a pas de France Eternelle ! Il n’y a que celle qu’on construit nous-mêmes dans notre pauvre vie d’être humain.
De cette Histoire nous en prenons la part dont nous voulons tirer des enseignements. C’est la révolution de 1789, c’est le fait de décider en dernier recours que chacun croit à ce qu’il veut en matière de religion. Mais ce qui va tous nous mettre d’accord c’est que la loi suprême, celle la déclaration des droits de l’être humain et du citoyen dont une partie, il faut l’admettre, est héritée des fois et pratiques religieuses. Nous sommes « en droit » de réinventer la France dès lors que nous sommes en conformité avec les principes auxquels nous croyons et qui sont les seuls capables de réunir en seul peuple l’ensemble du peuple de France.
L’état n’est pas, comme on peut le croire dans d’autres pays, juste l’instrument de la domination d’une classe. Bien sûr que c’est un instrument de domination, mais c’est surtout le champ clot de rapports de forces. L’Etat, tel qu’il résulte de 1945, n’est pas le même que celui des monarques, ni même celui de la IIIème République. L’état de la république à partir de 1945 est non seulement laïque mais devient une république sociale. C’est à dire que l’égalité sociale est élevée au niveau des principes fondateurs qui unissent les français. Nous ne pouvons accepter la loi commune qu’à la condition qu’elle respecte notre égalité. Quelle égalité ? Celle de nos droits, du libre accès à nos droits fondamentaux (…) en tant qu’espèce humaine. Nous sommes aussi des animaux, mais des animaux conscients et socio-culturels.
Voilà pourquoi l’égalité est si centrale. Jamais aucun français n’a supporté que son président dise que dans les gares on rencontre ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien. La droite d’avant disait au moins qu’on était « de peu », et « de peu » c’est mieux que « rien ». (…) Nous voilà donc au moment d’un changement absolument nécessaire. Pas par idéologie, mais parce que l’état tel qu’il est, est incapable de remplir les fonctions que nous attendons d’une autorité dans une société démocratique. Ils ne savent plus protéger nos enfants (…), ni l’ordre public (…), ni le secours au chômage (…), ils ne sont plus capables de nous soigner (…), etc. Ils ne sont capables que d’une seule chose, tout détruire avec la foi magicienne que le marché va tout remplacer. (…)
Le marché n’est pas capable de régler les grands défis humains pour la raison que d’une manière ou d’une autre le marché redevient sans cesse celui de la loi du plus fort. (…) Il n’y a pas d’ordre social stable, démocratique et républicain, sous le régime de la loi du plus fort. Ceux qui croient le contraire n’ont qu’à regarder ce que donne la loi du plus fort en Palestine. La Palestine est la caricature de ce que le système peut produire. (…) Les mauvais exemples se répandent sur la terre entière en deux temps et trois mouvements. Nous sommes passé maintenant à des guerres où les cibles numéro un sont les populations et dont l’objectif numéro un est de s’en débarrasser. (…)
Nous devons réinventer la France. (…) Ce sont des défis auxquels nous devons répondre. Non pas par des formules, mais par des mesures concrètes. L’état doit devenir un état écologique et social. (…) Comment cette transition peut-elle se faire ? D’une manière disciplinée et organisée. (…) Nous devons le faire par des réformes et des transformations de structure parce que l’état doit ressembler à son objectif. L’ancien régime avait pour fonction numéro un de réduire l’autorité des grands seigneurs féodaux. Et les monarchies françaises ce sont succédées pour concentrer le pouvoir.
Quand la république est née, elle avait un objectif, il lui fallait faire prévaloir que la seule loi suprême était la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Il a fallu dire, pour faire ça, qu’on a besoin d’un état qui ne soit pas dans la main de l’Eglise. Raison pour laquelle toute l’administration du pays a été réorganisée. On a fait des départements qui ne correspondaient pas aux diocèses, des communes qui ne correspondaient pas aux paroisses. On a créé des institutions qui incarnaient le sens du nouveau pouvoir, pas au nom de Dieu mais au nom de la loi. (…)
Que faut-il faire ? Il faut changer la structure de base de l’état. Si la priorité c’est la défense des biens communs, il faut des principes et des règles qui s’inspirent de l’intérêt général humain. Karl Marx parle, à propos de la nature, du corps inorganique de l’homme. On ne peut pas séparer l’être humain de tout ce qui contribue à le fonder comme espèce parmi les autres espèces. (…) Si nous sommes tous d’accord pour dire que toutes les questions des biens communs sont une seule et même question, alors cela fonde une pensée collectiviste. (…)
Nous avons besoin de changer d’indicateurs de réussites. Le PIB n’est pas un indicateur de réussite qualitative. (…) Il faut mettre en place une idée, portée par l’ONU pour le développement, ce sont les indicateurs de progrès humains. (…) On va faire un nouveau quartier général de la situation écologique, et on va se doter de l’instrument de base, ce sont les éco-régions. On va leur confier non seulement la gestion de l’eau mais aussi (…) la fertilité des sols, les mobiltés, la santé (…), etc. Nous allons mettre en place un régime d’exeption qui permette, lorsque les circonstances le demandent, de manifester que la valeur suprême est la sécurité collective, la sûreté alimentaire, etc. Dans ce pays il y a un état d’urgence quand il y a des troubles à l’ordre public (…), il nous faut un état d’urgence écologique et un état d’urgence aux situations sociales insupportables (…).
Je ne sais pas combien de temps ça va prendre, à mon avis le plus vite possible. (…) L’état ce n’est pas seulement la police, l’armée, les impots, etc., c’est tout ce qui permet la vie commune des français organisé par une norme commune. La sécurité sociale généralisée, pour nous les collectivistes version insoumis, c’est la préfiguration de la société à laquelle nous croyons. (…) La SECU reviendra à ceux qui la financent. Ce n’est pas à l’état de gérer la sécurité sociale, mais aux cotisants. (…)
Tout se tient dans une pensée collectiviste. Voilà où est le lien entre l’état, comme résultat de l’Histoire de France, et la République à cette étape, celle de la VIe constitution sociale et écologique. »
Jean-Luc Mélenchon (ILB 16/o9/2o26, retranscription jef Safi)
1o-2o26 / . .
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